Sommaire

Introduction

Repères
Le temps des origines,
le temps des lumières

Le temps des colonies,
le temps des civilisateurs

Le temps des doutes,
le XXe siècle

Pédagogie
Avant propos

Le jeu des chercheurs :
à la recherche de la
"maison-civilisation"
(1er degré)

Si la maison était...

Bibliographie
Les références
scientifiques

Les références
pédagogiques

Des sources

Espace
d'échanges

Dossier réalisé par
Jacques Brenu,
professeur d'histoire géographie au collège Bernard de Ventadour - Privas

Avant propos : les dangers de l'implicite
et du manque de dynamisme dans l'apprentissage...

     Dans certaines pratiques de cours, deux écueils peuvent apparaître : les manques d'explicitation et de dynamique dans les techniques d'apprentissage.

     L'implicite ?
     Il a tendance à gêner la compréhension de certains élèves. Un enseignant imagine qu'un mot de vocabulaire, une notion, est -par avance- connu. Ou alors, il ne se pose pas de questions : est-ce que tel mot est saisi par tous ? Faut-il faire l'effort de "perdre son temps " dans le démarrage d'un chapitre ?
     Ainsi, la notion de civilisation.
     Pour rappel, à l'issue de l'école élémentaire, l'élève doit être capable de l'utiliser "avec précision et maîtrise " ( B.O. N°7 page 40, août 1999). Le programme d'Histoire de 6ème en vigueur continue à s'articuler sur le thème des civilisations égyptiennes, hellénistique ; en conclusion, l'enseignant est tenu de présenter "un bilan des héritages des civilisations de l'Antiquité (Numéro spécial, vers le nouveau collège, programmes des 6èmes, décembre, page 30 et 31, 1995).
     On retrouve le sujet qui nous préoccupe au lycée, notamment en 1ère : le programme débute par l'âge industriel et sa civilisation du milieu du XIXème siècle à 1939 (B.O. n°12 du 29 juin 1995).
     Si dans le cursus scolaire, la notion de civilisation n'est pas clairement explicitée, n'est pas solidement bâtie, il est peu probable que l'élève puisse apprivoiser ce qui est avant tout une abstraction.
     D'où "le jeu des chercheurs " qui aura le mérite de lui permettre d'appréhender, par phases successives, un des termes essentiels des sciences humaines.

     Le manque de dynamique dans l'apprentissage ?
     Apprendre les civilisations par plans à tiroirs, d'une manière statique, c'est peut-être oublier que l'école vient d'un mot grec (phonétiquement "scolé ")qui signifie loisir…
     D'où l'intérêt de chercher avec obstination des méthodes d'apprentissages ludiques, dynamiques ne sacrifiant pas le fond pour la forme.
     A l'école élémentaire plus particulièrement, l'enseignant est tenu de parcourir, en deux années de cycle 3, une immense période partant de la préhistoire (la première date à connaître serait celle de l'invention du feu ) jusqu'à aujourd'hui l(la naissance de la monnaie unique européenne) : une ambition hallucinante si le maître ne fait pas le choix de la méthode et du sens chronologique contre celui d'une accumulation encyclopédique de savoirs ou d'un survol superficiel du passé.
     Le jeu proposé répondra au désir de rendre l'enseignement plus vivant tout en fixant ce qu'est une civilisation.

Une civilisation, c'est un territoire, plus ou moins ouvert, plus ou moins fermé.
Une civilisation, ce sont des éléments à décomposer puis à recomposer.
Une civilisation, cela s'inscrit dans un temps. Une civilisation c'est une verticalité à découvrir, une succession de couches historiques à retrouver.
Une civilisation, c'est aussi une horizontalité, une aire emboîtée dans d'autres aires avec ses intersections, ses métissages.


     Dans le jeu des chercheurs, par la construction d'un cheminement cohérent, l'élève sera confronté à une notion a priori complexe et a posteriori plus accessible.
     Une fois cette notion acquise, l'élève peut se sentir prêt à découvrir la Préhistoire, l'Antiquité, le Moyen Age, la Renaissance, l'époque moderne, l'ère contemporaine.
     L'élève aura une grille de lecture pertinente qui lui donnera la possibilité de voyager à la découverte des autres.

     Face à la difficulté de rendre accessible l'abstraction que représente le mot "civilisation ", il nous faut encore chercher et trouver une idée pour concrétiser, pour rendre visible, pour matérialiser avec des signes ce mot : et si la civilisation était comme une maison ?
     Cette comparaison nous a été transmise par Fernand BRAUDEL. Dans ses Ecrits sur l'histoire, Flammarion, 1969 et Arthaud, 1990) partiellement repris dans une biographie que lui a consacré Pierre DAIX, Braudel, Flammarion, p.368, 1995, l'historien s'exprime : " Une civilisation, c'est tout d'abord un espace, une " aire culturelle ", disent les anthropologues, un logement. A l'intérieur(…) imaginez une masse très diverse de " biens ", de traits culturels, aussi bien la forme, le matériau des maisons, leur toit, que tel art (…), qu'un dialecte ou un groupe de dialectes, que des goûts culinaires, une technique particulière, une façon de croire ; une façon d'aimer, ou bien encore la boussole, le papier, la presse de l'imprimeur. C'est le groupement régulier, la fréquence de certains traits, l'ubiquité de ceux-ci, qui sont les premiers signes d'une cohérence culturelle. Si à cette cohérence dans l'espace s'ajoute une permanence dans le temps, j'appelle civilisation ou culture l'ensemble, le " total " du répertoire. "
     Les liens entre maison et civilisation établis par une grande référence n'attendaient plus qu'une série d'exercices didactiques.

     Une porte d'entrée s'offre à nous. Il nous reste à prendre un trousseau de clés, à rentrer dans la maison-civilisation, convaincus que là, nous tenons une astuce pédagogique susceptible de nous faire sérieusement avancer sur la piste d'une connaissance raisonnée !