Sommaire

Introduction

Repères
Le temps des origines,
le temps des lumières

Le temps des colonies,
le temps des civilisateurs

Le temps des doutes,
le XXe siècle

Pédagogie
Avant propos

Le jeu des chercheurs :
à la recherche de la
"maison-civilisation"
(1er degré)

Si la maison était...

Bibliographie
Les références
scientifiques

Les références
pédagogiques

Des sources

Espace
d'échanges

Dossier réalisé par
Jacques Brenu,
professeur d'histoire géographie au collège Bernard de Ventadour - Privas

Le temps des origines, le temps des lumières

     A la lecture de nombreux ouvrages dont vous retrouverez les références dans l'annexe bibliographique, il est un peu difficile de se mettre complètement d'accord sur la genèse du mot civilisation. Toutefois, on acceptera de situer son berceau en France et l'époque de son apparition : la deuxième moitié du XVIIIème siècle.
     ALAIN REY, grand jongleur d'étymologie, dans son Dictionnaire historique de la langue française (Paris, Robert, 1993), nous donne quelques éléments d'informations.
Il rappelle que le mot avait à l'origine une connotation juridique. Il signifiait le transfert d'un procès criminel en un procès civil. Ce terme n'ayant plus conservé son acception technique, il désigna alors "ce qui rend les individus plus aptes à la vie en société " et surtout "comme le processus historique du progrès(…)matériel, social et culturel ainsi que le résultat de ce processus, soit un état social considéré comme avancé ".
      Alain REY cite MIRABEAU, oubliant toutefois de préciser que c'est au père, Victor, et non au fils, Honoré, le brillant orateur de l'Assemblée Constituante, que l'on doit ce vocable.
     A la suite de Lucien FEBVRE (l'auteur de Civilisation, l'histoire d'un mot ) , l'incontournable Fernand BRAUDEL s'est exprimé sur ce sujet fondamental.
     Dans sa Grammaire des civilisations (Paris, Arthaud, 1987) habillage judicieux d'un manuel scolaire destiné aux élèves de terminales en 1963, il attribue à TURGOT la paternité du substantif.
     Il admet cependant que l'entrée officielle du mot imprimé revient à la publication, en 1756, du Traité de la population écrit par MIRABEAU père déjà cité. Il ajoute que VOLTAIRE, la même année, a précisément été "l'homme à en avoir conçu la notion dans son Essai sur les Mœurs et sur l' Esprit des Nations, sans utiliser une seule fois le néologisme.
     Pour Lucien FEBVRE et son ami BRAUDEL, il est essentiel de signaler que le civilisé s'oppose au barbare, surnom péjoratif appliqué par les Athéniens de l'antiquité aux étrangers bredouillant le grec.
     La "civilisation " doit faire régner l'ordre, la paix, le bonheur, le progrès. Elle a pour mission d'assurer le triomphe des Lumières. Elle est "un état des choses idéal et réel ". Elle place au-dessus, les polis, les civilisés ; en bas, les sauvages, y compris les bons sauvages, chers à Jean-Jacques ROUSSEAU.
     De plus, elle rassure la haute société lettrée de la fin du règne de LOUIS XV qui aimait à se contempler dans ce nouveau miroir…